Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
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Chronique des événements

Les débuts du CRSNG sous l'égide du CNRC

Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) est l'enfant du Le lien suivant vous amène à un autre site Web Conseil national de recherches (CNRC) , qui a été créé en 1916. Dès le début, les forces agissantes qui ont mené à la création du CNRC ont porté un intérêt particulier aux universités. L'industrie canadienne a exercé des pressions auprès des milieux gouvernementaux afin qu'ils appuient la recherche universitaire, qu'elle considérerait comme une source de travailleurs hautement qualifiés et de nouvelles idées de produits. Naturellement, les universités ont également cherché appui auprès du gouvernement pour la recherche, et ont envisagé une association avec le tout nouveau Research Council du Royaume-Uni (créé en 1916), en l'absence d'un organisme canadien comparable.

Ainsi, une des premières activités du CNRC a consisté à appuyer la recherche dans les universités, par l'intermédiaire de deux programmes : Bourses d'études et de recherche (aujourd'hui Bourses du CRSNG) et Subventions d'aide à la recherche (aujourd'hui Subventions à la découverte du CRSNG). Dès sa première année, en 1917, le CNRC a accordé quatre bourses d'études et trois bourses de recherche, alors qu'il en accordait 45 en 1923. Aux fins de comparaison, mentionnons que le CRSNG a accordé près de 2 000 bourses dans le cadre du concours de 2003.

Le CNRC a commencé à établir des laboratoires nationaux dans les années 30. Le fait qu'un organisme unique effectue et appuie simultanément des recherches allait soulever de l'inquiétude. Cette question est devenue critique au cours des années 50 et 60, époque de l'après-guerre où les universités ont pris de l'expansion et où l'on a vu naître d'importants centres de recherche. En 1968, un comité spécial du Sénat chargé de la politique scientifique, présidé par le sénateur Maurice Lamontagne, a procédé à un examen rigoureux de la recherche et développement au Canada. Un des points à l'étude a été l'aide fédérale accordée aux activités de R et D en sciences physiques, biologiques et humaines.

Le comité a publié son rapport final en 1973. L'une des recommandations du rapport portait sur la distinction à établir entre l'aide à la recherche universitaire par l'octroi de subventions et le soutien des laboratoires nationaux. Le comité a expliqué qu'en libérant le CNRC de la responsabilité d'accorder des subventions aux universités, on le mettait à l'abri de conflits d'intérêts éventuels. « Cette institution se trouve dans une situation peu enviable quand il lui faut décider si elle accordera des subventions à un groupe universitaire pour exécuter des programmes que son personnel considère comme faisant partie de ses propres prérogatives ». Même s'il n'y a aucune évidence d'un véritable conflit d'intérêt – et de fait les subventions pour la recherche universitaire et le soutien des instituts de recherche ont toujours fait l'objet de budgets distincts – cette préoccupation était partagée par d'autres groupes qui avaient étudié la structure de la R et D au Canada au cours de ces années.

Le rapport Lamontagne a précipité le dépôt du projet de loi C-26 qui proposait entre autres la création du Le lien suivant vous amène à un autre site Web Conseil de recherches en sciences humaines et du CRSNG. Ce projet de loi donnait au CRSNG deux mandats : promouvoir et soutenir la recherche dans le domaine des sciences naturelles et du génie, et conseiller le Ministre sur les questions relatives à cette recherche. Les objectifs du gouvernement au regard des conseils subventionnaires étaient les suivants :

« ...encourager l'excellence dans la recherche; fournir une base de connaissances avancées dans les universités; aider à la concentration sélective des activités de recherche; viser à un équilibre régional en ce qui concerne les possibilités scientifiques; conserver une certaine possibilité fondamentale pour la formation en recherche; encourager la recherche suscitée par la curiosité; encourager la recherche ayant des possibilités de contribuer à la réalisation des objectifs nationaux... ces objectifs visent à ...assurer une cohérence à long terme dans le système fédéral d'octroi de subventions pour la recherche universitaire. » (Honorable Hugh Faulkner, alors ministre d'État à la science et à la technologie, lors du discours d'ouverture à la deuxième lecture du projet de loi C-26.)

La création du CRSNG

Avec l'adoption du projet de loi C-26 le 1ermai 1978, le CRSNG a été créé.

On a nommé le premier président, M. Gordon MacNabb, et formé le conseil d'administration du CRSNG. Le Conseil du CRSNG a voté en faveur du maintien du Programme de bourses et de subventions de recherche tel qu'il avait été établi par le CNRC, afin de perturber le moins possible la communauté des chercheurs. L'une des premières tâches du Conseil a été de préparer un plan quinquennal. « En préparant son plan, le Conseil était bien conscient du besoin urgent d'améliorer le milieu de la recherche et de la formation de chercheurs dans les universités, partout au pays, et de restaurer la confiance, l'optimisme et la motivation si essentiels aux chercheurs d'aujourd'hui et de demain. C'est sur les travaux et l'esprit d'initiative de ces chercheurs que repose le progrès scientifique et technologique de la nation. » (Avant-propos de G.M. MacNabb dans le premier plan quinquennal du CRSNG.) Les principaux enjeux de ce plan étaient les suivants :

  • élargir le programme de bourses;
  • mettre sur pied un programme de mise à niveau des appareils et de l'infrastructure;
  • élargir et mieux adapter les programmes de recherche thématique;
  • améliorer le programme de subventions à la recherche libre (recherche fondamentale motivée par l'intérêt du chercheur);
  • améliorer les mécanismes de gestion et de communication.

Ce plan appuyait également en principe le développement d'importantes initiatives de recherche à l'échelle nationale et internationale (telles que This link will take you to another Web site TRIUMF et This link will take you to another Web site le téléscope Canada-France-Hawaii), et reconnaissait la nécessité d'un effort visant précisément à améliorer l'état de la recherche et développement dans le domaine du génie au sein de la communauté universitaire. Cependant, la première stratégie mettait l'accent sur l'importance de la recherche fondamentale : « L'aide à la recherche libre demeurera à moyen terme le plus grand programme du Conseil. »

Les premiers pas du CRSNG

En deux ans, le Conseil inaugurait trois programmes importants : le Programme de bourses de recherche de 1ercycle (BRPC), le Programme de chercheurs-boursiers universitaires (CBU), et le Programme de chercheurs-boursiers en milieu industriel (CBI). Ces programmes visaient à prévenir une pénurie possible de personnel hautement qualifié. Au nombre des premiers titulaires d'une BRPC, on compte Alain Tremblay (maintenant professeur à l'Université du Québec à Montréal), Michael Jenkin (expert en robotique à l'Université York) et Tim Collings (inventeur de la puce anti-violence). Le premier groupe de CBI comptait notamment le professeur Francesco Bellini, qui a détenu sa bourse dans les Laboratoires Ayerst, maintenant les Laboratoires Wyeth-Ayerst, et a été plus tard cofondateur de BioChem Pharma, maintenant Shire BioChem Inc. Les premiers CBU font également figure de proue dans la recherche au Canada. Notons entre autres Ian Orchard, zoologiste à l'University of Toronto, dont les travaux sur la neurobiologie des insectes peuvent mener au développement de techniques de lutte antiparasitaires plus sécuritaires; François Soumis, professeur de génie industriel à l'École Polytechnique de Montréal, dont les travaux ont contribué à améliorer l'efficacité des services de transport en commun dans le monde entier et à former AD OPT Technologies Inc.; et le physicien Michael Thewalt, qui a acquis une renommée internationale grâce à ses travaux sur la supraconductivité à la Simon Fraser University.

En 1983, le gouvernement fédéral augmentait le budget du CRSNG consacré aux partenariats de recherche universités-industrie. Le Conseil a répondu à cette hausse en regroupant certaines activités existantes avec de nouvelles initiatives, pour offrir un Programme universités-industrie plus complet. Le programme de subventions de « Projets de recherche avec applications industrielles » ou subventions PRAI, hérité du CNRC, a été modifié, élargi et rebaptisé Programme de subventions de recherche et développement coopérative. L'apport le plus important de ce programme consistait en la participation de partenaires industriels au financement du projet de recherche. Une autre nouvelle initiative créée dans le cadre du Programme universités-industrie a été les subventions pour professeurs en milieu industriel, connues sous le nom de Programme de professeurs-chercheurs industriels (PCI). Le Programme de professeurs-chercheurs industriels aide les universités à miser sur leurs acquis, ou à développer considérablement leur capacité de recherche dans des domaines d'intérêt pour l'industrie. Daniel Meneley a été le premier professeur-chercheur industriel, soit le titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Énergie Nouveau-Brunswick en génie nucléaire. Depuis que le programme a été établi, plus de 300 chaires de recherche industrielle ont été créées.

Le CRSNG aujourd'hui

Aujourd’hui, le CRSNG est le principal bailleur de fonds de la recherche et développement universitaire en sciences naturelles et en génie au Canada. En effet, chaque année, environ 12 000 professeurs reçoivent des fonds du CRSNG. Par ailleurs, vingt-neuf des 50 plus importantes entreprises qui réalisent de la R et D ont participé avec le CRSNG au financement de la recherche universitaire. Au total, plus de 2 400 entreprises ont participé aux programmes du CRSNG. En cette année qui marque le 35e anniversaire du CRSNG, l’organisme peut miser sur une longue tradition de service au peuple canadien, et se tourne vers un avenir prometteur, où découvertes et innovations contribueront à maintenir la prospérité et le leadership scientifique que le Canada a connus au 20e siècle.

Documents de référence

Thistle, Mel. The Inner Ring, Toronto, University of Toronto Press, 1966.

Comité sénatorial spécial de la politique scientifique. Une politique scientifique canadienne, volumes 1-3, Ottawa, Imprimeur de la Reine pour le Canada, 1970, 1972, 1973.

Canada, Parlement, Chambre des communes. Débats de la Chambre des communes (Hansard), Imprimeur de la Reine pour le Canada, 13 décembre 1976, p. 1938.

Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie. Plan quinquennal des Programmes du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie. Ottawa, 1979.

Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie. Contact, volume 9, numéro 1, avril 1984.

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